Rencontres nationales du RDÉE, deux moments clés pour renforcer la cohésion du réseau

 

Les 21 et 22 octobre, puis du 25 au 27 novembre 2025, les douze membres provinciaux du RDÉE Canada se sont réunis à Ottawa pour deux séquences de rencontres en présentiel. La première a regroupé le Groupe de travail en développement économique communautaire (GT DEC), tandis que la seconde a rassemblé le GT Employabilité, le sous-comité Immigration et le GT Entrepreneuriat. Des journées intenses, mais nécessaires, qui ont permis de remettre au centre de la réflexion des enjeux essentiels au développement et à la vitalité économique es communautés francophones en situation minoritaire et au renforcement de l’ensemble de l’écosystème du réseau. 

Groupe de travail en développement économique communautaire (GT DEC) 

L’un des constats majeurs de la rencontre du Groupe de travail en développement économique communautaire (GT DEC) tient à la diversité des réalités francophones minoritaires. Des provinces mieux dotéeséconomiquement, où les projets sont solidement implantés, jusqu’aux territoires qui doivent composer avec l’éloignement géographique et des ressources limitées, chacun est arrivé avec ses défis et son contexte. Cette diversité, loin de fragiliser les échanges, a donné un sens profond aux discussions. Elle a rappelé pourquoi le RDÉE met en place ces groupes de travail : pour que les stratégies et les priorités d’action en DÉC avancent ensemble, que les écarts se réduisent et que le réseau demeure cohérent malgré ses multiples réalités. 

Le GT DEC est un comité qui s’inscrit pleinement dans les axes stratégiques nationaux du RDÉE Canada, comme un espace d’analyse, de cohérence et de réflexion collective. Il permet de faire le lien entre les axes stratégiques du réseau : l’employabilité, l’entrepreneuriat et le développement économique communautaire. 

C’est dans cette réalité complexe que Roukya Abdi Aden, directrice de la concertation et de la recherche au RDÉE Canada, résume l’esprit de la rencontre : 

 

« Dans un réseau national, certains membres avancent plus vite que d’autres, mais c’est dans la circulation des idées, l’entraide et la mutualisation des bonnes pratiques que se construit la force collective. Réunir tout le monde dans un même espace permet d’orienter les priorités de développement économiques des CFSM, de rééquilibrer les capacités, de partager les avancées concrètes et d’assurer que chaque région possède les outils nécessaires pour mieux desservir leurs communautés. » 

Les différents groupes de travails se rencontrent 

Dans cette même veine, le mois de novembre a également été l’occasion d’un autre moment fort pour le réseau, la tenue, à Ottawa, des rencontres du GT Employabilité (25–26 novembre), du sous-comité Immigration (26–27 novembre) et du GT Entrepreneuriat (26–27 novembre). 

Pour amorcer la réflexion, chaque axe a participé à des ateliers FFOM (forces, faiblesses, opportunités, menaces). Très vite, un fil commun est apparu, la force du réseau lui-même. La capacité des membres à partager leurs expériences, à s’inspirer mutuellement et à identifier et à travailler ensemble sur des enjeux transversaux constitue un atout que peu d’organismes peuvent revendiquer.  

Les discussions ont aussi ramené à la surface plusieurs préoccupations partagées; l’instabilité financière à laquelle font face de nombreux organismes, les pressions économiques qui varient d’une région à l’autre, les taux de chômage souvent préoccupants et les obstacles encore trop présents à la mobilité professionnelle et au commerce interprovinciaux. Ces réalités, bien que différentes, dessinent un paysage commun qui exige une réponse structurée. 

L’un des moments marquants est venu d’une formation offerte sur l’intelligence artificielle (IA) et son usage dans les services aux communautés. Loin des discours théoriques, la formation s’est attardée au concret; comment une conseillère en employabilité, un conseiller en entrepreneuriat ou une agente d’immigration peuvent utiliser l’IA pour gagner en efficacité, mieux orienter leur travail et optimiser leurs interventions, sans perdre la dimension humaine qui demeure au cœur du service. L’enthousiasme des participantes et participants témoigne d’un besoin réel, s’adapter aux outils d’aujourd’hui pour mieux accompagner les réalités de demain. 

Cette combinaison de rencontres entre différents groupes de travail avait une raison d’être, l’interconnectivité. L’entrepreneuriat se penche sur l’amplification du commerce interprovincial et international (Corridors commerciaux francophones. Cette volonté d’offrir de nouvelles opportunités aux entrepreneurs francophones nécessitera un accès à une main-d’œuvre qualifiée. L’immigration francophone influence directement la vitalité économique de nos communautés et du Canada. Ainsi, l’employabilité des francophones immigrants et non immigrants s’inscrit dans des trajectoires professionnelles qui ne s’arrêtent pas aux frontières provinciales. C’est précisément dans ces zones d’intersection que le RDÉE Canada joue pleinement son rôle, facilite la coordination, fournit un cadre, appuie la professionnalisation du réseau, etc. 

À mesure que les discussions avançaient, une conviction se confirmait; malgré des réalités régionales très différentes, c’est en avançant ensemble que le réseau demeure pertinent et capable de répondre aux besoins des communautés francophones en situation minoritaire, qu’elles soient urbaines ou rurales. Ces journées à Ottawa ont permis un exercice essentiel; prendre du recul, réfléchir collectivement et ajuster le cap pour que les actions du réseau demeurent alignées sur les réalités d’aujourd’hui et celles qui se profilent à l’horizon.