Le Nunavut attire de plus en plus de monde; sa population a augmenté de 12,7 % en 2016(1), son taux de natalité est de 3,04 alors que la moyenne nationale s’établit à 1,59(2) et ses habitants sont aussi plus jeunes que dans le reste du pays : l’âge moyen était de 24,7 ans en 2012.(3, 4).

Émilie Pasalic & Valérie Hélène GagnonPour Émilie Pasalic, présidente du conseil d’administration de Carrefour Nunavut, le territoire est plein d’ambition. « Il y a de l’espoir dans ces chiffres. Nous venons de passer devant le Yukon en terme de population », ajoute-t-elle.

Le Nunavut attire de nombreux travailleurs, notamment dans les secteurs comme la construction et les mines qui sont particulièrement porteurs.

Pour soutenir ce développement économique et de ses ressources, Carrefour Nunavut ne lésine pas sur les moyens pour atteindre ses objectifs. Depuis 2010, l’organisme offre aux francophones des outils pour s’intégrer plus facilement dans cette région en plein essor économique.

Son équipe propose, entre autres, un large panel de services d’aide à l’emploi en français : «  Nous offrons des services en employabilité, en entreprenariat tel que le support en démarrage et à la croissance d’entreprise, la formation et l’aiguillage avec nos divers partenaires d’affaires. Afin de favoriser l’intégration des gens sur le territoire, nous offrons depuis déjà 3 ans un programme d’accueil et d’intégration pour les nouveaux arrivants », détaille Émilie Pasalic. L’organisme souhaite ainsi agir comme un « carrefour » pour guider et connecter les travailleurs et les employeurs, d’où son nom!

Carrefour Nunavut offre également aussi en place des ateliers et formations spécialisés en entreprenariat et en employabilité dans son centre d’accueil à Iqaluit. Cet accompagnement des Francophones dans leur projet d’affaires ne peut être mieux décrit que par Valérie Hélène Gagnon, directrice générale de l’organisme : « On offre un support global destiné aux travailleurs et entrepreneurs avec une approche de services intégré. Le territoire dans son contexte actuel offre de grandes possibilités de projet. Notre rôle en tant qu’organisme est de comprendre la vision du projet des clients, de valider si le projet est réaliste et viable à court et moyen terme. Nous travaillons en partenariat avec les clients et nos partenaires d’affaires afin de présenter des projets structurants, avec un potentiel et qui répondrons à un besoin de la communauté. Par la suite, afin de valider la faisabilité de ceux-ci, nous effectuons les études de marché et effectuons des demandes de financement pour propulser le projet. » Notre organisme joue un rôle essentiel dans le développement de la Francophonie dans sa région.

Ces services pour l’emploi ne s’arrêtent pas aux frontières du Nunavut. L’organisme travaille en effet de pair avec ses confrères des territoires voisins ainsi que des autres provinces canadiennes. « Nous concevons des projets pan-territoriaux. Nous participons activement aux tables de concertation sur le tourisme, la jeunesse et l’immigration organisées par le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada) », soutient Émilie Pasalic.

Le Salon virtuel de l’emploi (22 et 23 février 2017), organisé par le Réseau, est le genre d’initiative qui permet d’attirer de la main-d’œuvre qualifiée dans le nord du Canada. Un effort commun salué par la directrice générale de l’organisme : « Nos contacts territoriaux et le Réseau du RDÉE Canada nous permettent de mieux encadrer les travailleurs dans leurs démarches. »

Carrefour Nunavut doit cependant faire face à deux problèmes. D’une part, il y a le roulement de personnel, très important dans la province : « beaucoup des postes proposés sont en fly-in fly-out », explique Valérie Hélène Gagnon. D’autre part, la capitale manque de logements : « la difficulté à trouver une maison peut constituer un frein au développement. »

Pour contrer ces obstacles, l’agence projette de créer un projet incubateur d’entreprises : il s’agirait de louer des espaces de bureau aux travailleurs autonomes et aux jeunes sociétés, et de leur offrir des services administratifs. Le tout, pour limiter les frais de ces entreprises et leur permettre de s’épanouir au Nunavut. « Notre but est de faire avancer les idées de ces entrepreneurs, afin qu’ils puissent voler de leurs propres ailes », résume Valérie Hélène Gagnon.

Un autre projet s’ajoute à celui-ci : la création d’un Centre de la petite enfance (CPE). « Beaucoup de travailleurs francophones et francophiles ne trouvent pas de place pour leurs enfants dans les garderies» explique la directrice générale. Un CPE francophone existe déjà, mais la demande est importante et les places limitées. En partenariat avec le RDÉE Canada, Carrefour Nunavut souhaite donc mettre en place des outils tel que des modèles de plan d’affaire sous diverses structures tel que le modèle coopératif, travailleur autonome et entreprise afin d’offrir des outils de base pour les futurs entrepreneurs. Cette initiative a pour objectif d’offrir de nouvelles places en garderies à l’aide de l’ouverture d’une nouvelle garderie pour accueillir ces enfants en français.

Ces initiatives devraient inciter plus de Francophones à venir dans la région et, peut-être, à s’installer à long terme. De nombreuses personnes ont déjà été conquises par ses paysages et sa communauté. « Beaucoup de gens viennent ici travailler pour six mois et, comme moi, restent vivre ici. Ils sont encore là 20 ans plus tard et n’envisagent pas de date de départ », s’amuse Émilie Pasalic. « On vit en amour avec le Nunavut. »

Préparé par: LaLiberte