L’Île-du-Prince-Édouard mise sur sa jeunesse

L’Île-du-Prince-Édouard a bien compris que le futur de son développement économique et de sa population francophone et francophile résidait dans ses jeunes. C’est pourquoi les organismes tels que l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA), la Chambre de commerce acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard et le RDÉE local ont mis en place une série de programmes visant à attirer les jeunes entrepreneurs.

Gallant, Bonnie, Dg RDÉE Î.P.-É.Sur les 140,000 habitants de l’Île-du-Prince-Édouard, 17,000 parlent français. Parmi eux, seuls 5,000 sont francophones. Bonnie Gallant, directrice générale du RDÉE Île-du-Prince-Édouard, explique que « le nombre de francophones diminue, et le nombre de francophiles augmente. Cependant, tous les organismes travaillent dans le même but : le développement économique de la province, et l’augmentation démographique de la population parlant français. » Le dossier jeunesse est une priorité, avec une mission principale : rapatrier la jeunesse de l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces initiatives pour la jeunesse sont menées par le programme PERCÉ. Lancé en 2004, ce projet permet à des jeunes du niveau collégial ou universitaire de trouver un stage de travail dans leur domaine d’études dans une entreprise de l’Île-du-Prince-Edouard pendant les mois d’été. L’objectif étant d’obtenir des résultats à long terme. « Chaque année, nous recherchons les anciens participants pour démontrer les résultats et justifier la continuation du projet. Les chiffres sont significatifs : en 13 ans, 82 % des jeunes passés par le programme se sont installés à l’Île-du-Prince-Édouard pour y faire vie et carrière. »

Un programme reconnu à l’échelle nationale et même internationale* !

Martin Marcoux, porte-parole de la Chambre de commerce acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, estime que ce programme « donne la chance aux jeunes d’avoir une expérience de travail et leur donne des possibilités dans la province tout en les rémunérant avec un salaire respectable. Il fonctionne excellemment bien. Notre travail avec ce projet est reconnu à l’échelle nationale. Nous sommes un exemple à suivre et nous comptons bien continuer le programme PERCÉ. L’agence fédérale nous a même envoyé un courriel pour nous en féliciter et réaffirmer son soutien. »
Bonnie Gallant ajoute que « cette année, plus de 150 jeunes ont demandé à participer à PERCÉ. »Marcoux, Martin du RDÉE Î.P.-É.

La formule du programme PERCÉ a rencontré un tel succès que la province a récemment décidé de l’appliquer à son dossier d’immigration. « Le nouveau programme, que nous appelons Expérience de travail LIENS, est ouvert aux nouveaux arrivants francophones, indique Bonnie Gallant. Nous leur offrons des stages pour aider à déférer les coûts pour les employeurs et mesurons les résultats. Ce n’est pas une formule compliquée, et elle est vraiment rentable pour nous. Quand on est capable de cibler les jeunes et les nouveaux arrivants, on fait grandir nos communautés francophones. »

Pour donner l’esprit entrepreneurial dès le plus jeune âge, l’Île-du-Prince-Édouard a également instauré le programme Jeunes millionnaires, adressé aux enfants de primaire. Le temps d’un été, ils créent une entreprise, se lancent en affaires et font de la vente.

La Coopérative service jeunesse Les Bons travaillants, pour sa part, offre un service de menus travaux à la communauté. Mais en plus de donner un travail rémunéré d’été à ses jeunes membres du niveau intermédiaire, la coopérative enseigne aux jeunes le travail en groupe, la collaboration, la coopération. Les membres se forment un conseil d’administration, se divisent les tâches administratives et se mettent au travail. Ils se partagent les profits, sous forme de ristournes, en fin d’été.

stephane-blanchard-234x300Les jeunes du niveau secondaire ont également l’occasion de poursuivre leur apprentissage économique en participant au programme Jeunes entreprises, par l’entremise de leur classe entrepreneuriale. En groupe, ils forment une entreprise, se partagent les tâches administratives et vendent des produits suivant reliés à l’école – un T-shirt, une tuque, des pantalons sportifs ou des bouteilles d’eau portant le logo de leur école ou de leur équipe sportive.

« Au cours des quatre dernières années, nous avons vu le nombre de participants de tous ces programmes augmenter, remarque Bonnie Gallant. Les programmes que nous offrons prennent du temps à se faire connaître, mais nous nous attendons à ce que l’augmentation continue. »

Chaque année, à l’occasion du Gala des entrepreneurs, le meilleur jeune entrepreneur de la province est récompensé, comme le souligne Martin Marcoux. « Le prix Jeune entreprenant de l’année récompense un jeune entre 18 et 24 ans qui se démarque par son sens de l’initiative et son implication dans sa communauté. Des activités comme celle-là aident à développer nos jeunes et les encouragent à travailler fort et à rester dans la communauté. »

En évolution constante, les programmes adressés à la jeunesse ont jusqu’à présent toujours eu du succès à trouver des fonds et recueillir les financements recherchés. Pour Martin Marcoux, l’Île-du-Prince-Édouard a un futur prometteur. « Si nous continuons à être financés comme aujourd’hui, nous pourrons continuer à travailler dans nos communautés et développer nos nombreux projets. Le RDÉE Île-du-Prince-Édouard est un organisme névralgique pour continuer de faire rayonner la communauté francophone sur l’Île-du-Prince-Édouard. »

* http://wapes.org/fr/news/canada-du-soutien-pour-les-communautes-de-langue-officielle-en-situation-minoritaire

Préparé par: LaLiberte