Au cours des 20 dernières années, la population de langue maternelle française a doublé au Yukon, passant de 2,5 à 4,8 % d’habitants. Mieux encore, près de 13 % de la population yukonnaise peut parler le français. « C’est le 3e plus haut taux de bilinguisme au Canada, après le Québec et le Nouveau-Brunswick », indique Frédéric Nolet, directeur du développement économique de l’Association franco-yukonnaise (AFY). Officiellement incorporée en 1982, cette association, au service d’une communauté qui continue de grandir, est l’une des plus anciennes organisations canadiennes à œuvrer à l’épanouissement des francophones. Au fil des ans, elle a réussi à mettre en valeur et à miser sur le potentiel économique de la francophonie du territoire avec de nombreux partenaires.

Frédéric Nolet, Gestionnaire du développement économique à l'AFY

©Christian Kuntz Photography

Pour Frédéric Nolet, les efforts de l’AFY pour contribuer à la prospérité économique du territoire ne s’arrêtent pas là. Comme le tourisme est l’un des secteurs prometteurs de la région, « c’est vraiment dans cette direction qu’il faut regarder, » souligne-t-il. Cela passe par l’élaboration de nouveaux outils qui permettront aux voyageurs de profiter des atouts du territoire. L’AFY a par exemple travaillé à la production de brochures en français pour des musées et des institutions, notamment le Centre culturel des Kwanlin Dün et le Musée Jack London à Dawson. « On veut se lancer davantage dans le développement de produits, notamment de circuits organisés, ou de structures pour accueillir les gens en français, » explique le directeur. Une piste que l’AFY compte bien emprunter dans les années à venir.

L’AFY a aussi obtenu du financement du ministère du Développement économique du Yukon pour la création d’un réseau de circuits touristiques « Le Yukon autrement : partez à la rencontre d’histoires inédites » disponible sur l’application mobile Balado découverte. Les six circuits proposent aux utilisateurs de plonger au cœur du territoire pour y découvrir des visages et des histoires peu connues d’hier à aujourd’hui à pied, à vélo ou en auto. L’un des circuits à Whitehorse présente quelques-uns des francophones qui ont contribué à la vie sociale, culturelle et économique du Yukon et est disponible en anglais. Une initiative qui devrait bénéficier aux entrepreneurs de la région. Frédéric Nolet espère que les touristes francophones « auront une belle expérience dans le territoire et vont en parler autour d’eux ».

Par ailleurs, l’AFY souhaite aider les entreprises yukonnaises à recruter des travailleurs bilingues, grâce à un projet de recrutement de travailleurs bilingues pour les territoires avec le CDÉTNO et Carrefour Nunavut. « C’est important parce qu’on souhaite que la communauté continue de croître », insiste Frédéric Nolet. « La façon de le faire n’est pas d’obliger les entreprises à embaucher des gens bilingues; il faut communiquer avec ces entreprises pour les aider à trouver les travailleurs dont elles ont besoin. » Selon le Business Survey de 2013 au Yukon, 30 % des postes n’ont pas été comblés parce que les employeurs n’ont pas trouvé quelqu’un qualifié. C’est là que l’AFY intervient, pour trouver la candidate ou le candidat idéal pour ces entreprises – une personne francophone ou bilingue.

« On participe à des foires économiques canadiennes pour recruter des travailleurs avec des qualifications spécifiques », précise le directeur de l’association. Notre mission est de trouver de nouvelles façons d’aider les Franco-Yukonnaises et Franco-Yukonnais à intégrer le marché du travail, que ce soit en les accompagnant dans leur recherche d’un emploi ou dans le démarrage de leurs entreprises, » explique-t-il. Selon lui, « beaucoup de francophones viennent au Yukon pour y trouver un cadre de vie différent et unique, une autre façon de vivre. »

Le développement de la région passe aussi par la culture et les arts. L’AFY veut également aider les artistes et les acteurs culturels à se professionnaliser : « Le Yukon est un endroit de prédilection pour les artistes, » indique Frédéric Nolet. On travaille donc à leur offrir des formations ainsi que des outils qui leur permettront de tirer un revenu de leur activité. » Autant de projets qui montrent la conviction de l’AFY que les francophones peuvent faire une différence dans l’économie du territoire.

 

Préparé par: LaLiberte