Cette année, le conseil économique et corporatif de la Saskatchewan (CECS) célèbre ses 70 ans. Depuis sa création en 1947, c’est une coopérative, qui au départ, travaillait essentiellement avec les secteurs ruraux. Au cours des 15 dernières années, le CECS s’est tourné vers les nouveaux entrepreneurs. La province met à présent l’emphase tout particulièrement sur l’entreprenariat afin d’encourager et d’aider les entrepreneurs locaux, et d’attirer les entrepreneurs étrangers, notamment francophones.

CA-NystromJason Nystrom, directeur du service Customer experience delivery au sein de la compagnie d’assurance SGI Canada, attribue ce changement de direction au boom économique qui a eu lieu il y a une dizaine d’années en Saskatchewan. « À ce moment-là, la province a vu arriver de nouveaux francophones et des immigrants de tous les coins du monde. La population, qui était inférieure à un million d’habitants, a passé ce seuil. Les immigrants ont entendu parler de la Saskatchewan grâce aux mini-foires de réseautage et de formation, comme Êtes-vous business ?, par exemple. »

L’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), qui œuvre dans le domaine de l’immigration depuis 2003, et le CECS, travaillent ensemble pour accueillir et accompagner les nouveaux travailleurs dès leur arrivée. La présidente de l’ACF Francoise Sigur-Cloutier explique : « L’ACF et le CECS collaborent pour faire en sorte que l’installation soit la plus harmonieuse possible. À L’ACF, nous les aidons à trouver un logement, tandis que le CECS les assiste dans leur recherche d’emploi. Enfin, le troisième acteur d’une installation réussie reste la communauté, qui crée un environnement favorable à l’épanouissement de chacun. »

Sigur, Françoise

Faire des prédictions pour l’avenir économique de la Saskatchewan est difficile. En effet, le développement rapide des nouvelles technologies peut changer les paramètres en très peu de temps. « Normalement, nous faisons des plans d’affaire sur 5 ans. Les gens sont de plus en plus connectés, et je pense que le gros changement en économie sera dans le digital. Dans 20 ans, tout ce que nous utilisons aujourd’hui sera obsolète! », avance Jason Nystrom, qui est également représentant au conseil d’administration du RDÉE Canada. Il appelle donc les entrepreneurs à se former pour suivre ce changement. « Il faut réaliser ce qu’est le monde digital, et quelles sont les attentes des consommateurs dans un monde connecté. Il est nécessaire d’avoir des bases de données. Créer un produit est une chose, mais est-ce que le consommateur en a vraiment besoin? Le CECS offre des sessions de formation et aide à l’élaboration de plans d’affaire et de marketing pour les entreprises et les entrepreneurs francophones. C’est important de pouvoir les renseigner pour qu’ils puissent anticiper ces grandes tendances qui arrivent. »

L’une des conséquences de cette évolution technologique peut être constatée sur le marché du travail. « Avec l’économie digitale, il y a moins de loyauté envers les entreprises. Les employés sont devenus ‘liquides’, c’est-à-dire qu’ils vont changer d’employeurs plus souvent et plus rapidement qu’avant. Ils recherchent un certain niveau de vie plutôt qu’un salaire élevé et n’hésitent pas à prendre des risques. La possibilité technologique de pouvoir travailler de n’importe où et à n’importe quelle heure permet également un retour vers le rural. C’est un avantage dans notre province, car auparavant les jeunes fuyaient la campagne pour aller travailler en ville. »

Dans le futur de sa province, Jason Nystrom voit une diversification des partenariats. « En ce moment, nous avons des partenariats avec des paliers gouvernementaux, tels que Diversification de l’économie de l’Ouest Canada, ou Citoyenneté et Immigration Canada. Dans 20 ans, il sera important d’avoir des partenariats avec des grandes entreprises privées et des entrepreneurs pour mieux intégrer les nouveaux arrivants. Je vois une évolution de nos partenariats, qui seraient orientés vers le secteur privé plutôt que vers les organismes gouvernementaux. Mais c’est une transition qui sera difficile. »

La Saskatchewan mise également sur son intégration au réseau pancanadien. « La Saskatchewan est une petite province avec une petite, mais forte, communauté francophone. Le réseau pancanadien est une opportunité de partager nos idées avec les autres provinces et de prendre des programmes que les autres font et qui nous intéressent. À présent, nous gérons la section de l’ouest du programme Jeunesse Canada au travail, qui regroupe la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest. Nous travaillons ensemble à bien gérer les fonds et à minimiser les coûts. »

Préparé par: LaLiberte