C’est en automne 2016, alors qu’il commence sa maîtrise ès arts en communication à l’Université d’Ottawa, que Jean-Sébastien Comeau décide de rendre hommage à sa souche : l’Acadie. En effet, par décembre 2017, il aura rédigé un projet de recherche majeur portant sur l’évolution de l’identité acadienne lors du mandat de Louis Robichaud, premier ministre du Nouveau-Brunswick lors des années 1960 à 1970.

Mais ce n’est pas le politicien qui nous préoccupe, c’est l’étudiant. J’y reviens donc.

Jean-Sébastien grandit à Dieppe, une banlieue majoritairement francophone au Nouveau-Brunswick. Malgré les pressions de son école secondaire et de sa communauté pour qu’il fasse des études postsecondaires en français, il décide de déménager à Sackville pour peaufiner sa deuxième langue en complétant un Baccalauréat en relations internationales en anglais à l’Université Mount Allison.

« Mon exposition à l’anglais lors de mes études à Sackville m’a offert une nouvelle perspective qui m’a aidé à vouloir renouer avec ma langue maternelle, à la valoriser. » Cette prise de conscience a donc influencé Jean-Sébastien dans le choix de son sujet de thèse. Il m’a confié que c’est aussi la légitimité que lui offre cette opportunité d’écrire sur ses racines plutôt qu’un autre groupe démographique qui a renforcé sa décision.

Jean-Sebastien ComeauLa renaissance acadienne

Dans son projet, l’étudiant compte reconstruire, contextualiser et analyser les forces et faiblesses des débats de sociétés qui se sont déroulés lors des 10 ans de mandat du premier premier ministre acadien du Nouveau-Brunswick en mettant le tout en lien avec les changements sociaux qui prenaient place au Québec à la même époque. Plus spécifiquement, il se concentre sur trois aspects : la loi sur les langues officielles de 1969, le programme Chances égales et la création de l’Université de Moncton en 1963.

Jean-Sébastien est présentement en phase de recherche, il ramasse des archives de débats parlementaires et d’articles pour réussir à contextualiser la prise de conscience qui s’est faite par rapport à la place des acadiens dans la province au niveau social, culturel, politique et économique. Avec cette information, il compte démontrer l’impact qu’a eu l’identité acadienne du premier ministre Robichaud dans son projet politique et sur la province en général.

Divers impacts

Jean-Sebastien ComeauL’étudiant espère que son projet pourra générer des retombées visibles. Au niveau personnel, il aimerait que cette initiative l’aide à se lancer dans une carrière qui saura le passionner, soit en journalisme ou en politique. Au niveau communautaire, ses aspirations sont de créer un document qui pourra potentiellement faire avancer la conversation sur le bilinguisme au Nouveau-Brunswick.

« Ça tombe bien lors du 150e de la Confédération, on parle beaucoup d’identité canadienne, de bilinguisme, des peuples fondateurs, etc. J’aimerais participer à la conversation et faire valoir la contribution des acadiens, en faisant savoir ce qui se passait au Nouveau-Brunswick pendant la révolution tranquille. »

Cependant, Jean-Sébastien espère aussi pouvoir appuyer sa communauté à l’échelle macroéconomique.

« Plusieurs études ont été faites par rapport aux impacts économiques concrets du bilinguisme. À tous les niveaux, il est important de continuer à travailler pour un environnement où les gens peuvent vivre et travailler dans la langue de leur choix. Ça nous crée une société plus inclusive, collaborative et nous offre une vitalité linguistique qu’on peut afficher avec fierté. »

Une valeur ajoutée au Nouveau-Brunswick

Comme il l’explique, le renforcement de l’identité et de la fierté acadienne pourrait générer encore plus de tourisme et de retombées positives sur le plan de l’entreprenariat au Nouveau-Brunswick. De plus, cette vitalité linguistique pourrait même faire naître de nouveaux partenariats avec d’autres communautés francophones au Canada, contribuant ainsi au développement de l’inclusivité et de la diversité canadienne.

« C’est ce qui rend le Canada si unique, cette diversité. C’est certain qu’il y a encore du travail à faire, pas juste au Nouveau-Brunswick. Mais en essayant de reconnaitre la contribution des francophones, on encourage aussi la reconnaissance de la contribution des autres groupes linguistiques, ethniques, religieux, etc., pour nous amener à réfléchir sur ce que le Canada a été, ce qu’il est aujourd’hui et ce qu’il deviendra. »

Cet étudiant a un bel avenir devant lui au sein de notre francophonie canadienne. Rien d’étonnant à ce que le RDÉE Canada ait donc voulu en savoir plus sur lui et qu’il continuera à surveiller l’impact de ses travaux de recherche!

Par : Zachary Blanchard-Séguin