Aider la création d’entreprises responsables

Originaire de l’Île-du-Prince-Édouard, Mathieu Arsenault a traversé l’Europe avant de revenir sur sa terre natale pour créer son entreprise, Think Forward Solutions. Fondée en 2012, cette société de consultation aide les entreprises à revoir leur stratégie et améliorer leur rendement.

Le jeune entrepreneur se nourrit de ses expériences européennes pour aider divers organismes de l’Île-du-Prince-Édouard à donner le meilleur d’eux-mêmes : « Amener ici les idées avant-gardistes d’ailleurs, c’est le fondement philosophique de la compagnie. » C’est de là que vient le nom de sa société, Think Forward Solutions.

Mathieu Arsenault a découvert le vieux continent à la fin de ses études. Après avoir suivi des cours d’Histoire et de sciences politiques au Nouveau-Brunswick et au Québec, il s’est lancé dans une maîtrise en administration des affaires; ce cursus lui a donné l’opportunité de partir un an en Russie pour une mission commerciale, où il représentait une compagnie. « C’était vraiment excellent. C’est là que j’ai commencé à voir l’entreprenariat comme un outil pour faire bouger les choses. »

Mathieu Arsenault de Think Forward SolutionsPassionné par la diplomatie internationale, le jeune homme ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Avec Jeunesse Canada Monde, un programme d’échange canadien, il est allé en 2002 en Ukraine. Il a depuis voyagé, en tant que touriste ou pour des missions commerciales, en Italie, en Autriche et est retourné plusieurs fois en Russie. Qu’il visite ou qu’il travaille, Mathieu Arsenault découvre de nouveaux modes de vies et de nouvelles façons de voir le monde.

Parmi les idées avant-gardistes qu’il a souhaité ramener à l’Île-du-Prince-Édouard, le fondateur de Think Forward Solutions évoque la ville autrichienne de Güssing, première ville d’Europe 100 % verte : « C’est une communauté autosuffisante dans sa consommation d’énergie, c’est-à-dire qu’ils produisent plus d’énergies renouvelables qu’ils n’en consomment. » Un modèle d’inspiration pour le jeune entrepreneur.

En 2008, Mathieu Arsenault a décidé de revenir s’installer sur l’Île-du-Prince-Édouard. Il évoque un attachement fort que seuls ceux qu’on appelle les insulaires peuvent comprendre. « Ça fait plusieurs générations que ma famille est là. Les gens qui viennent d’une île y sont souvent très attachés. J’ai eu le désir de revenir et je ne le regrette pas. »

Il s’est lancé en affaires en 2012, afin d’avoir la liberté de choisir ses projets. Derrière Think Forward Solutions, il y a deux personnes qui se donnent pour mission de « faire avancer les choses dans la province de l’Atlantique », sur trois volets : économique, social et environnemental.

Leurs services aux entreprises comprennent aussi bien de la planification stratégique que du coaching. « Beaucoup d’entrepreneurs ont des problèmes pour se concentrer sur un objectif. Ils ne savent parfois pas où placer leur énergie quand ils ont une vingtaine de tâches à gérer. »

De cette façon, le Prince-Édouardien compte aider les entreprises à créer un plan d’affaires plus clair, mais aussi à « utiliser les technologies modernes pour arriver aux résultats escomptés – pour l’organisme, mais aussi pour la société en général. »

Think Forward comprend également des actions pour l’environnement. Mathieu Arsenault souhaite voir « moins de gaspillage, une bonne utilisation de nos ressources… parce qu’il y a des impératifs écologiques. » Sensible aux enjeux du changement climatique, il aimerait améliorer le rapport des entreprises et, plus largement, des habitants de l’Île-du-Prince-Édouard à la nature.

Il mène notamment, en ce moment, un sondage sur l’économie verte, commandé par le RDÉE de la province. Cette démarche a entre autres pour but d’amener les habitants de l’Île à prendre conscience des enjeux écologiques.
Il travaille également avec la ville de Charlottetown sur le développement durable, afin qu’elle initie plus de services et de marchés dans cette optique.

À l’origine, Mathieu Arsenault a fait appel à Futurpreneur pour que l’organisme l’aide à créer un capital. Mais le programme lui a permis d’aller beaucoup plus loin. « Quand on lance une entreprise, on est peu ou pas connu, il faut bâtir son nom et sa réputation ».

Pour lui, le mentorat que propose l’organisme a fait une réelle différence. « Cette composante a eu un impact significatif sur mon travail. Avant d’être entrepreneur, il faut apprendre à l’être, et le mentor participe à ce développement-là. »

Quel conseil en particulier garde-t-il de son mentor? « Avoir des objectifs ambitieux mais réalisables, en lien avec la réalité du monde des affaires », explique-t-il. « Mais aussi avoir confiance en soi et aller de l’avant. Ne rien lâcher. »

S’il devait donner trois conseils à de nouveaux entrepreneurs, voilà ce que Mathieu Arsenault leur dirait :

1) Ne tombez pas amoureux du produit, tombez amoureux du problème. Il faut toujours s’assurer que l’on comprend bien le problème. C’est de cette façon que l’on peut le régler et trouver la solution appropriée.

2) Ne pas trop réfléchir… C’est-à-dire qu’il faut tenir compte de la règle des 80-20. Il faut bien tarifier mais pas sur-tarifier. Il ne faut pas être trop confortable, dans le fond.

3) Ne pas oublier de s’amuser et de voir l’entreprise comme un défi. Parfois les choses ne marchent pas comme on veut. C’est important de les voir comme un jeu ou un défi à surmonter.

 

Rédaction: La Liberté Communication pour le RDÉE Canada et Futurpreneur Canada.