L’envie de vivre de la mode et de transmettre cette passion : c’est ce qui fait battre le cœur de Kem’s Fashion, une entreprise créée par Marlyse Tchuigoua en septembre 2016.

Photo Marlyse RDEE BOriginaire du Cameroun, elle s’est tournée vers le monde de la couture durant l’adolescence. « Quand j’étais au secondaire, je me suis spécialisée en industrie de l’habillement. Dès la classe de seconde, j’avais cette envie. Je confectionnais déjà des tenues pour des personnes, notamment des femmes de ministres et de hautes personnalités. »

Son but? « Créer ma propre structure et former d’autres jeunes qui seraient intéressés. Et aussi, fournir des services aux entreprises. »

Après le secondaire, elle plie bagage et se rend en Italie pour suivre une formation dans le domaine de la mode à l’Accademia della moda. « Puis je me suis spécialisée à l’Istituto Carlo Secoli. J’ai ensuite travaillé avec de grandes maisons de la mode italienne, comme Gianni Molaro et Dolce & Gabbana, où j’étais en poste de 2008 à 2015. »

Problème : l’Italie n’est pas l’endroit idéal pour se lancer en affaires – du moins, pas dans le secteur de l’habillement. « Il y a trop de concurrence. Et lorsque vous venez de l’étranger, c’est encore plus compliqué. Vous êtes obligé d’être employée par d’autres structures. »

Marlyse Tchuigoua cherche alors de nouvelles opportunités. C’est à ce moment-là que la perspective de venir au Canada se révèle intéressante. « Ma première motivation est que j’avais envie d’être entrepreneure dans mon secteur. »

« Dans un premier temps, avec mon mari, on voulait aller à Montréal. Puis, après quelques recherches, on s’est rendu compte que Calgary était plus approprié parce qu’il y avait moins de concurrence. On s’est dit que ce serait la ville idéale. »

En juin 2015, la modéliste arrive en Alberta avec son mari et son fils. Elle entame aussitôt les démarches pour faciliter la création de son propre business. Pour cela, elle fait appel au Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA, organisme membre du RDÉE Canada). « Je leur ai expliqué que je voulais lancer mon projet et être entrepreneur. » Un peu plus de six mois plus tard, elle lance son entreprise individuelle.

Puis, par le biais du CDÉA, Marlyse Tchuigoua découvre le programme Futurpreneur Canada. Elle développe avec leur aide un plan d’affaires en juin 2016. À noter que la femme d’affaires a également été épaulée par l’équipe de FrancoPreneurs durant son parcours.

« Ça été un gros lancement. Avec leur financement, j’ai pu acheter des machines dernière génération qui me permettent de réaliser mon travail dans un bref délai et avec précision. »

En septembre 2016, son entreprise individuelle devient une entreprise incorporée; Kem’s Fashion voit le jour. Mais au fait, pourquoi “Kem”? « C’est la manière de se vêtir et le style de Kemi, mon fils. Depuis sa naissance, je l’habille toujours chic. Lorsqu’il sort et que les gens demandent, “où est-ce que je peux acheter ces vêtements?” je réponds “c’est moi qui les fais.” »

Aujourd’hui, l’entreprise compte six employés. « Il y a entre autres moi, un directeur de marketing, et une fashion styliste. Elle s’occupe de la partie design, je m’occupe de faire les patrons. Nous avons ensuite des collaborateurs qui s’occupent de la partie confection. » Depuis le début du mois de Septembre 2017, Kem’s s’est relocalisé dans de nouveaux locaux où l’entreprise confectionne des vêtements pour le compte des entreprises et des designers locaux. Son objectif, d’ici les prochaines années, est de se rendre au premier rang dans la région d’Alberta dans la production des vêtements moyen et haut de gamme fabriqués au Canada.Atelier KEM'S FASHION

Son souhait pour l’avenir? Pouvoir former des jeunes au métier. « J’aime le partage et j’aime transmettre des connaissances », raconte l’entrepreneure. « En ce moment, il y a une grosse demande et je manque de main-d’œuvre. J’ai donc ce projet de former des gens, et si cela fonctionne, de les embaucher pour qu’ils travaillent avec moi. »

Entre temps, Marlyse Tchuigoua est partie à Montréal au printemps dernier. « Grâce au Réseau du RDÉE Canada, j’ai participé à la Grande rencontre de jeunes entrepreneurs du monde francophone 2017, coordonnée en partenariat avec les Offices jeunesse internationaux du Québec et la Jeune Chambre de commerce de Montréal. C’était une grande surprise. »

Cette invitation a été une occasion pour elle de développer son réseau. « Je suis déjà en contact avec des compagnies montréalaises, et j’ai profité de mon voyage pour les visiter. Ça m’a aussi permis de mieux comprendre l’industrie de la mode au Canada. La réalité de la mode ici est différente de celle que je connais, en Italie. »

KemsFashionLogoLa créatrice de Kem’s Fashion a trois conseils à donner à des entrepreneurs qui se lancent :

  • Faire preuve d’audace : « Avoir son entreprise, ça fait peur, mais il faut être courageux. »
  • Faire preuve de patience : « L’entrepreneuriat demande de la patience. Il ne faut pas s’attendre à des résultats tout de suite. »
  • Avoir la tête sur les épaules : « Il faut être très organisé. Optimiste, mais réaliste. Il ne faut pas se lancer dans des projets irréalistes, il faut plutôt connaître ses limites. Se demander, “est-ce que cette demande n’est pas au-delà de mes capacités?”, “est-ce que mon personnel peut assurer une telle tâche?” Sinon, il faut savoir refuser.