La Saskatchewan est une province qui se définissait par l’agriculture avant de se réorienter vers l’industrie du pétrole, de l’uranium et de la potasse. Depuis, la province a connu une grande expansion, malgré un ralentissement de l’économie dû au coût du baril de pétrole.

Françoise Sigur-CloutierPour Françoise Sigur-Cloutier, qui préside l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), la présence du Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CECS) a aidé à encourager et à stimuler l’immigration. « Nous allions chercher des personnes à l’extérieur de la Saskatchewan et à l’international pour remplir les postes qui étaient à pourvoir, comme des chauffeurs de camion, des peintres ou des soudeurs. L’industrie avait besoin de spécialistes, et le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan est impliqué dans l’aspect recherche de la main-d’œuvre, ce qui a facilité les recherches pour les employeurs. »

La Saskatchewan accorde en effet une importance majeure à l’arrivée des travailleurs. « À la fin des années 1980, nous avons perdu beaucoup d’habitants au profit du Manitoba et de l’Alberta. Les habitants quittaient la Saskatchewan pour nourrir les besoins en main-d’œuvre des autres provinces. L’ACF et le RDÉE local ont courtisé les gens pour appuyer le message des employeurs. Nous avons expliqué qu’en Saskatchewan, nous avions une communauté francophone vivante, et que les services dont ils avaient besoin pour immigrer étaient disponibles en français. »

Le CECS a fait un travail de longue haleine pour persuader les travailleurs d’immigrer en Saskatchewan. « Il fallait convaincre les travailleurs qu’ils pouvaient vivre dans la province avec leurs familles. C’est un travail de sensibilisation difficile. Il y a des provinces qui attirent spontanément. Nous, nous sommes une province inconnue avec un nom pittoresque. On doit faire cette sensibilisation notamment auprès de ceux qui cherchent un emploi hors de leur pays. Ici, ils trouveront tout ce dont ils ont besoin pour se faire une vie. C’est une province très agréable, avec une population sympathique et ouverte aux nouveaux arrivants. »

Pour la communauté francophone, le CECS a joué un rôle d’intermédiaire. « Pour faire du recrutement international, il faut être employeur, ou avoir une accréditation de la province. L’ACF pouvait mettre en contact des chercheurs d’emploi et des employeurs. Le CECS est venu nous épauler pour favoriser et faciliter l’arrivée et l’installation des travailleurs des autres provinces et de l’international. »

Depuis 13 ans, l’ACF travaille avec le Gouvernement provincial pour avoir le plus de services possibles disponibles en français. « Le gouvernement provincial et les municipalités font beaucoup d’efforts. Nous avons des activités culturelles et des activités sociales organisées en français. Il y a 12 écoles francophones à travers la province, ainsi que des écoles d’immersion. »

Tous ces efforts d’intégration des nouveaux arrivants et de la langue française dans la province ont fini par s’avérer payants. « D’après moi, la province a vraiment commencé à repartir vers la prospérité au début des années 2000. Le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan travaillait alors sur des projets de coopération. Il y a eu un développement dynamique provincial et national. Et pour la première fois en 2016, le CECS a participé à Destination Canada, les salons qui se sont tenus à Paris et à Bruxelles, pour promouvoir la province à l’international. »

Aujourd’hui, la mission du CECS ne cesse de s’adapter. « L’objectif est de rendre la province plus dynamique et de trouver tout ce qu’on peut pour la rendre attrayante. Depuis sa fondation, le CECS continue d’offrir des services aux entrepreneurs. L’idée est de garder une ouverture avec la majorité anglophone, car faire affaires s’avère difficile si on ne se tourne que vers la communauté francophone. Il faut toujours être dans l’ouverture! »

 

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