Raymond Poirier : L’art de faire rimer économie et francophonie

Les contributions communautaires de ce Franco-Manitobain de souche ne se comptent plus. Raymond Poirier est sans conteste un des acteurs principaux du développement économique au Canada. À preuve, il est un des fondateurs du RDÉE Canada, une initiative marquée au sceau de l’originalité. Cet homme d’affaires que l’on ne présente plus a certainement influé sur l’histoire du Manitoba, et celle de la francophonie canadienne.

La revendication, Raymond Poirier, ça le connait. C’est même une très grande partie de sa vie, son énergie, son temps. « Je trouvais les gouvernements d’avant les années 1970 abusifs envers les francophones. Ce n’était pas correct qu’on nous enlève le droit à l’éducation en français. »

RaymondPoirierIl n’était certainement pas un militant de la francophonie avant qu’il ne devienne parent, la responsabilité qui a tout changé. Alors, dès la fin des années 1960, il a commencé à s’engager dans la communauté francophone et dans de nombreux comités. « Faire avancer les droits des francophones, c’est vite devenu ma passion. »

Pour défendre ses enfants et, plus généralement, le droit à l’éducation en français, Raymond Poirier a, parmi tant d’autres batailles, participé à la mise sur pied de la Commission nationale des parents francophones, dont il a assuré un temps la présidence. La Fédération provinciale des comités de parents du Manitoba, la Fédération des francophones hors Québec, Francofonds, la Division scolaire franco-manitobaine, l’Association des municipalités bilingues du Manitoba et bien d’autres organismes, ont pu compter sur ses efforts, faisant de Raymond Poirier assurément un des leaders de la francophonie canadienne.

Raymond Poirier a pour grande fierté ses enfants, francophones bien sûr, ses dix petits-enfants, qui parlent tous au demeurant un excellent français. « Ils sont tous dans des écoles françaises, pour lesquelles on s’est battu. Et ils parlent aujourd’hui un meilleur français que moi! C’est une de mes grandes fiertés. »

Outre l’éducation, son autre bataille dans l’intérêt de la francophonie: donner une place et une légitimité économique aux francophones. C’est pourquoi, avec « le bon monde » dont il sait s’entourer, Raymond Poirier s’est engagé pour la création du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), et par la suite du RDÉE Canada, certainement l’apothéose de sa carrière.

« On a changé notre culture et intégré l’économie au même niveau que tous les autres domaines pour notre francophonie. Aujourd’hui, c’est un acquis pour beaucoup de monde, mais il ne faut pas oublier qu’il y a une vingtaine d’années, on n’en parlait presque pas. Au niveau communautaire, c’est un des aspects de notre développement. »

Co-président du RDÉE Canada pour un temps, aujourd’hui Raymond Poirier a laissé place à la relève. Il est impressionnant d’écouter l’humble homme d’affaires s’exprimer toujours au « nous ». Tout est un travail d’équipe. « Je n’étais qu’une personne parmi tant d’autres. On était nombreux à être engagés. C’est ensemble que nous en sommes arrivés à ce que l’on a aujourd’hui. »

Raymond Poirier est aujourd’hui un emblème phare du leadership, autant à l’échelle manitobaine que canadienne, et un acteur marquant de l’identité économique de la francophonie canadienne.

Son mot de la langue française préféré : « Pourquoi pas? » ou « Capable »

Le pays francophone qu’il a préféré visiter : la France

Le pays francophone qu’il aimerait visiter : la Suisse

Sa célébration culturelle francophone préférée : la Saint Jean-Baptiste

Son plat typique francophone préféré : la tourtière (une tradition familiale!)

Préparé par: LaLiberte